Lundi 2 février 2009
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21:17
Avec avaries et tracasseries voilà un peu plus de trois semaines
que je n'écris rien ici (sauf quelques petits commentaires quand l'ordinateur s'y prêtait). C'est l'occasion de reprendre la blogsphère !
Sauf que j'ai perdu "la main" pour le faire. Alors je me rabats sur le plus simple : je copie. Et je reprends Herberto Helder. Et je continue L'amour en
visite (traduction de Magali Montagné), là où je l'avais laissé la dernière fois.
Ils ne s'incendient pas toujours, l'éveil des herbes et l'étoile
déchue de son orbite vivante.
-- Mais toi, toujours tu m'incendies.
J'oublie l'arbuste imprégné de silence diurne, la nuit
poignante image
avec son dieu de chute et d'essor.
-- Mais ils ne t'oublient pas, mes coeurs de sel et de douceur.
Ma respitation s'étourdit avec l'ombre,
ta bouche pénètre ma voix comme l'épée
se perd dans l'arc.
Quand la mère se glace en sa douloureuse distance, que la lune
s'étiole, le paysage retourne au ventre, le temps
s'effiloche -- j'invente pour toi la musique, la folie
et la mer.
Je touche le poids de ta vie : la chair qui reluit, le sourire, l'inspiration.
Et je sais que tu as mis autour de tes pensées table et harpe.
Je vais vers toi avec la beauté occulte,
le corps illuminé par les longues lumières.
Je dis : je suis la beauté, son visage, sa permanence. Tes yeux
se transfigurent, tes mains découvrent
l'ombre de ma face. Je prends la tête
dure et lumineuse, et je dis : entends-tu, mon amour ?, je suis
ce que l'on attend pour les choses, pour le temps --
je suis la beauté.
Tout entière, ta vie le désire. Vers moi s'élèvent
tes yeux lointains. Toi-même me perpétues en ma beauté
voilée.
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Publié dans : Poésie
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Par José-Carlos
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